L'ombre de Saddam Hussein
On a beau le crier sur tout les toits, l'instauration d'une démocratie nécessite quelques règles d'application universelle sans lesquelles elle n'existerait pas :
- Dissociation stricte entre l'Etat et la Religion ;
- Mise en place d'un garant constitutionnel ;
- Séparation plus que symbolique des différents pouvoirs ;
- Instauration du droit humain fondé sur le respect de chaque Homme.
...etc.
Un seul de ses ingrédients manque et rien ne tourne plus rond et lorsque plusieurs régles de base manquent à l'appel, nul doute qu'il risque de se substituer au régime de départ un nouveau régime politique de terreur.
En irak, après s'être évertué à nous faire croire qu'un dictateur évincé serait un bon moyen d'en finir une fois pour toute avec la Dictature elle même, le gouvernement irakien a décidé de nous inculquer qu'un dictateur mort serait pour le coup le garant d'une justice bien rendue, gage d'une démocratie débutante ou balbutiante.
Même si Saddam Hussein fut de toute évidence un des dictateurs les plus sanglants de ces 20 dernières années -tuant sans vergogne les moindres contestataires, les opposants à son régime, sans oublier le massacre de Kurdes-, c'est exactement les tuer une seconde fois en exécutant par pendaison l'ancien dictateur : on lui donne une place de choix et on lui ouvre droit à la postérité au lieu des oubliettes.
Dans 100 ans, nos petits enfants cotoieront ceux qui se souviendront de Saddam Hussein comme un homme victime d'un faux procès et ayant fait l'objet d'une exécution sommaire barbare.
Nous ne le redirons jamais assez, en tuant un seul homme (si horrible soit-il), c'est l'humanité (si tentée qu'elle soit moins horrible) toute entière que nous tuons.
D'ici là, retrouvons nous sur Evidence Island, les soirées au bord de l'eau y sont plus clémentes...
Par Evidence, Mardi 23 Janvier 2007 à 17:54 GMT+2 dans Droits de l'Homme (article, RSS)





